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Comme si vous y étiez

Publié le Vendredi 12 Août 2011 à 15h12 par Scènes d'Été


La vingtième édition des Fest'arts promettait d'être remarquable et le pari est gagné. Les préalables de "La rue prend les champs" ont charmé et le jeudi 11, premier jour du festival a été un plaisir sans fin. Même le soleil était au rendez-vous. Petit compte-rendu...


10h30 : la foule se presse déjà sur la place de l'église Saint Jean pour assister à l'un des premiers spectacles de la journée : "La route" par l'Anonima Teatro. Un étrange cylindre trône au centre de l'espace scénique, rappelant les motifs des tapis de jeux de course pour enfants. Deux acteurs entrent sur scène, portant des masques de cochon et d'éléphant, sur fond de sirènes de police. Bientôt, tout se passe sur le cylindre qui tourne, mimant la vitesse folle de la course poursuite entre animaux sauvages en fuite et véhicules de la police. Les paysages défilent et on suit les tentatives ingénieuses du cochon à moto, de l'éléphant sur le toit d'une voiture et du lion pilote d'avion. Les tracas des bêtes se lisent sur les visages des marionnettistes, totalement pris par l'action et la musique. Le public est bouche bée,totalement happé par le drame qui se passe sur scène. Le dénouement est heureux, tout le monde a un sourire sur le visage. Un joli moment pour commencer la journée!


11h30 : Un petit détour par la Centrale pour voir le clown de "dis bonjour à la dame" qui s'amuse à balancer joyeusement des peluches dans le public avec un lance-pierres géant et l'Antilope s'élance déjà vers un nouveau spectacle. Entre midi et deux, c'est l'esplanade François Mitterand qui est le nid à talents. Tout d'abord Jordi Gali et la poésie de son "Ciel" qui monte de toutes pièces son installation en bois et pneus. Puis la "fanfare en plastic" prend le relais et distrait les badauds et le public en terrasse en retraçant plus d'un siècle d'histoire en chanson. Moustaki, Brassens, Les Ogres de Barback : tous y passent pour la plus grande joie de chacun.


15h : La quincaillerie Parpassanton a investi le parking Madison Nugget's avec son bric-à-brac inventif . Des chaussures-parpaing au kit-rando (en cuvette de toilette, excusez du peu), ces quatre frères et soeurs ont tout ce qu'il faut pour un départ en vacances en toute sérénité. La visite de l'intérieur de la cabane permet de voir de plus près toutes ces merveilles et de découvrir les gris-gris de la soeur de la famille. Mais l'Antilope se presse déjà pour rejoindre son compagnon à cornes.


16h : Apparaît, en effet, sur le programme, un OVNI total : par la compagnie Rode Boom, le spectacle de "l'homme cornu" se décrit comme celui d'un "mentaliste". Forcément, ça attire les curieux! Sur scène, l'homme est impressionnant: un grand blond en costume et affublé de deux grandes cornes dans le dos. Son assistant et ami, cornu lui aussi, l'accompagne au violoncelle et donne aux scènes une dimension tragique. L'homme prétend lire dans les corps, voire même dans les esprits. Les exercices s'enchaînent, avec la participation du public, et, malgré quelques erreurs, on sent que les spectateurs se questionnent et s'étonnent de la lucidité du "Cornu". Le final laisse les petits comme les grands ébahis, à se demander ce qui est réel et ce qui ne l'est pas... Une sorte de magie des temps modernes qui reste un des coups de coeur de l'antilope.


18h : A peine le temps de se désaltérer en cette chaude fin d'après-midi que l'antilope galope déjà après les spectacles. Elle a d'ailleurs chaussé ses santiags pour le rendez-vous de 18h avec Manu Nashville, célèbre chanteur country, et la présentation de la contrée merveilleuse du Frütenland par son compagnon Werner (inoubliable avec son habit tout droit sorti du Tyrol). 

Manu Nashville peut-il devenir le premier homme-orchestre country? Apprendra-t-il à maîtriser la Frütenforce, donnée par la bière Frütenland? Combien y'a-t-il donc de moutons dans les prairies de Malf? Vous trouverez toutes les réponses à vos questions lors de ce spectacle rythmé et hilarant.


20h : 45 minutes d'attente seront nécessaires à l'Antilope pour obtenir une place au premier rang pour le prochain et dernier spectacle. "Hamlet en 30 minutes" par la Compagnie BruitQuiCourt est en effet un spectacle très attendu par le public. Mais l'attente est vraiment insignifiante face au plaisir jouissif de cette ôde à Hamlet. Parce que c'est bien une ôde : ce sont des passionnés de Shakespeare qui sont sur scène. Ils sont seulement animés par l'envie de dépoussiérer la tragédie afin de révéler ce "quelque chose de pourri dans le royaume du Danemark". L'humour est tantôt potache, tantôt carrément intello, mais tout le monde s'y retrouve. Les gesticulations du maître d'orchestre font hurler de rire la salle qui ne voit même pas que ce "Hamlet en 30 minutes" en a duré 50.


Il est déjà temps pour l'Antilope de quitter Libourne pour rejoindre sa savane la soirée bat son plein (quelques photos ici!) Pas de regret, la journée fut bien remplie. Maintenant c'est à vous de prendre le relais : les Fest'arts, c'est jusqu'à demain !


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