
C'est sur les bords d'un lac que cette fois-ci l'antilope a rendez-vous. Le lieu est familial et de nombreux enfants s'ébattent dans le parc de Cantefrêne. Ce soir ont lieu les Odyssées d'Ambès : embarquez et surtout laissez-vous porter.
Les tables disposées dans l'ombrage des arbres accueillent les familles, en attendant que le spectacle commence. Des enfants maquillés font démonstration de leurs acrobaties mais, très vite, un rafut attire tous les regards sur une des rives du lac. Une troupe, type "Orange Mécanique", tape avec fureur dans des bidons et les entraînent vers l'une des scènes de l'évènement. Ils enchaînent les rythmes endiablés et les passes de bâtons, sans fausses notes et avec des sourires radieux.

Bien vite, la foule est transpercée par de drôles d'énergumènes. D'abord apparaît un cliché sur pattes : un bonhomme, son béret vissé sur la tête, les mains posées sur un accordéon, le nez rouge de trop d'excès et la langue bien pendue. Il commence à peine à entonner la java qu'il est stoppé : heureusement, on le retrouvera tout au long de la soirée.
Le personnage est suivi de près par un attelage des plus étranges. Imaginez-vous, un cortège de sorcières vertes montées sur des bicyclettes. Derrière elles, un char composé de deux roues pour hamster et de la statue d'un animal hybride poisson-scorpion-sauterelle. Etonnant n'est-ce pas? Et encore, vous n'avez pas vu les habitants de ce véhicule : deux hamsters hyperactifs à taille humaine, deux acrobates maléfiques qui font de la balançoire et, au sommet de tous, une sorcière à la voix sur-aiguë chevauchant l'animal hybride. On se croirait échappé d'un des chapitres du Magicien d'Oz.
Tels des sportifs triomphants, ce joli cortège va faire le tour du lac, s'arrêtant de temps à autre pour "sympathiser avec le public" ( comprendre avoir droit à la bise et ressortir recouvert de maquillage ) ou entonner le "Rick rock" des sorcières. Tout le monde se retrouve à la confluence des deux étangs, au pied de l'étrange structure métallique, pour assister au débarquement de la troupe qui va attirer tous les regards jusqu'à la fin de la soirée.

Les acteurs semblent habillés de coquillages, sortent de bateaux en coquille de noix et se fraient un chemin à travers le public curieux. Ils alpaguent le badaud, que ce soit la "mégère" coiffée de cornes qui ne cesse de désigner ses amants dans la foule ou le couard qui défie les hommes du public pour se défiler par la suite. Certains poussent la chansonnette du haut des maisonnettes installées tels des promontoires. Et pourtant ce n'est que le début du spectacle.
Assez de provocation, il est temps de passer aux choses sérieuses : les trublions rejoignent la curieuse structure déjà prise d'assaut par l'énergumène au bérêt et les acrobates jouant sur les barres métalliques. Chacun est à sa place, face à son instrument, assemblage de clochettes ou de tambours. Tous sont plus que concentrés et pour une bonne raison : ils s'apprêtent à être montés à plus de 15 mètres du sol. L'installation est en effet accrochée à une grue qui monte le tout et le fait s'envoler, transformant les amuseurs publics en figurines minuscules de manège et arrachant aux petits comme aux grands des soupirs d'émerveillement.
La musique et les acrobaties, sur trapèze ou tissu, s'enchaînent pendant près de 35 minutes. Le plaisir des yeux et des oreilles est sans fin. Le charme du "Magicien d'Oz" n'est plus très loin mais les artistes regagnent bien trop tôt la terre. Ambès et la compagnie Transe Expresse a su surprendre et faire rêver tout le public. Et si au final c'était ça, la magie "Scènes d'été"?
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