L'antilope avait déjà croisé la route du duo détonnant "Sans additif" lors de l'inauguration des Scènes d'été 2011. Voilà l'occasion de les connaître un petit peu mieux à travers la voix riante et piquante de Nicolas Lescombe, homme aux multiples casquettes et à la bonne humeur contagieuse.
Scènes d'été : Bonjour Nicolas ! Tout d'abord, quelques mots pour présenter "Sans additifs"?
Sans additif, c'est un duo de chanson française. “Sans additif” parce que nous jouons beaucoup avec des instruments acoustiques, une formule un peu minimaliste puisqu'on est que deux sur scène. Cela fait dix ans qu'on existe! Après une longue période où l'on faisait des reprises de chansons d'époque, maintenant, enfin depuis 5 ans, on compose nos propres chansons . C'est un spectacle avec presque que nos compositions qui tourne depuis le mois de mai.
S.E : "Sans additifs", c'est un duo "depuis presque toujours". Qu'est ce qui est à l'origine de votre rencontre?
On se connait depuis très longtemps, entre autre via le JOSEM puisqu'on était tous les deux musiciens là-bas. Ça fait depuis une vingtaine d'années. Avant, on était dans des groupes un peu plus gros : j'avais un groupe qui s'appelait “Le Quintet à Claques” et mon collègue, un groupe de rock-funk qui s'appelait “Ici-même”. C'était des formules un peu lourdes, à 4-5 personnes par groupe.
Donc là, on s'était dit : "on va faire un duo!". L'idée, c'était qu'on puisse partir dans notre voiture avec la son pour aller faire des concerts un peu partout. On voulait aussi jouer dans les écoles pour les enfants, leur faire découvrir les vieilles chansons françaises. Enfin, on a eu l'idée de jouer dans un village touristique en Dordogne. C'est là qu'on a créé et développé tout notre répertoire de reprises de vieilles chansons française.
S.E : Fatigué de la reprise des chansons françaises, vous avez voulu chanter vos propres chansons. Mais c'est quoi la patte "Sans additif"?
Avec ce spectacle de reprises, on a beaucoup voyagé, c'est parti de là : à délirer et à commencer à vouloir écrire nos propres histoires. La première chanson est bien passée, il y a plutôt eu un bon accueil donc on en écrit une deuxième, puis une troisième. On adore les chansons françaises mais c'est vrai que c'est plus grisant au bout d'un moment de plonger et d'écrire nous-même nos histoires. Ce sont des histoires de vie avec une ambiance assez légère. On met souvent ça en avant : dans ces périodes un peu moroses, il faut avoir la pêche avec des chansons assez positives, des petites histoires de vie, au fil des rencontres et de nos voyages.
S.E : Toi et ton acolyte, Laurent Turpault, venez de deux milieux musicaux très différents. Comment faites-vous pour allier toutes ces influences?
C'est vrai qu'on est influencé par beaucoup de différents styles de musique. J'ai été, jusqu'à cet été, le chef d'orchestre du JOSEM, donc j'ai une formation classique, type conservatoire. Je suis, par ailleurs, un fervent défenseur de la musique tzigane et des pays de l'est : je joue, entre autres, dans la compagnie Mohein en tant que clarinettiste. Donc, pour moi, c'est plutôt musique tzigane et musique classique. Mon collègue vient plutôt du rock et du funk. Bien sûr, on écoute pas mal de chanson française mais c'est vrai qu'on a des univers un peu différents. Ça permet d'alimenter et de donner des couleurs bien différentes à nos chansons.

S.E : En parlant du JOSEM, vous avez été chef d'orchestre du groupe lors de la soirée inaugurale des Scènes d'été. Racontez-nous un peu la soirée à travers vos yeux d'artiste.
Ça a été un grand moment parce que c'est une aventure qui dure depuis trois ans. En fait, on a rencontré la Rue Ketanou sur le festival de Luxey et, suite à une bonne entente, on a décidé de monter un projet : on les a accompagné sur des concerts aux Francofolies et à Luxey. Les concerts se sont bien passés et on a eu l'idée d'en faire un troisième, mais enregistré, et de sortir un CD live.
On était un peu triste que l'aventure se termine comme ça et surtout de pas avoir joué dans le coin. Donc on a été convié par le Conseil Général pour jouer à la soirée inaugurale et donc là c'était très fort sentimentalement parce qu'on jouait à domicile (je suis moi même de Saint Loubès).Y'a eu une énorme émotion, c'était la fin de ces trois ans, une fin en apothéose.
Il y a eu beaucoup de monde donc on était content de pouvoir montrer le JOSEM, cette chose que les gens connaissent, dont les gens parlent mais que peu sont venu voir parce que c'est un orchestre classique. Je me bat depuis de nombreuses années pour essayer de construire des passerelles entre la musique classique , la musique rock, la musique de la rue... On fait beaucoup de concerts avec le JOSEM dans la rue ou dans des lieux un peu atypiques, pas que dans des théâtres ou des églises.
S.E : En parlant de vos performances scéniques, un de vos meilleurs souvenirs de concert à partager avec nos lecteurs?
C'est drôle parce que ce sont des émotions différentes. En effet, un concert comme l'ouverture des Scènes d'été, c'était quelque chose qui prend aux tripes, de par la masse du public, de par la puissance sonore et musicale de l'orchestre mais on a aussi eu des moments très très fort quand on est allé jouer en prison avec “Sans Additif” ou avec le JOSEM en Russie, au milieu de la Sibérie.
Cette année, c'était le dernier Luxey avec le JOSEM. Pour le bien-être de l'orchestre, je laisse la baguette à un jeune musicien mais bon comme c'est quelque chose que j'ai adoré et où je pars en très bons termes, c'est toujours dur de quitter quelque chose qui se passe bien. Et bien, cette année, ça a été très fort.
Je suis peut être un grand crédule mais je suis toujours assez surpris. A chaque fois, je me dis : “ça, j'ai déjà vécu, j'ai vécu quelque chose de ressemblant, je ne vais peut être pas avoir une aussi grande émotion” et on continue de rencontrer encore des gens supers, dans des publics différents. Les émotions, au final, elles naissent comme ça.
S.E : Il vous reste encore quelques dates pour les Scènes d'été. D'autres projets?
Au niveau de "Sans additif", on va se consacrer au fait à la diffusion de cet album. On recherche des distributeurs, on essaye de passer une marche : jusqu'à présent, on gérait tout nous-même et ça devient un peu compliqué. On voudrait donc essayer de trouver un manager qui nous aide un peu. On a vraiment pu avancer grâce au coup de pouce que nous a fait les Scènes d'été, on a eu pas mal de dates.
Personnellement, j'ai un autre projet avec la compagnie Mohein en plus de celui de mettre en place un orchestre symphonique au collège de Créon, en amont du JOSEM. Cela voudrait dire travailler avec des enfants au collège, en 6eme, qui ont jamais fait de musique. On va essayer de leur faire passer des années collège à peu près agréables. Donc je ne vais pas m'ennuyer pour les mois à venir.
S.E : Imaginez, vous êtes coincé sur une île déserte et n'avez droit qu'à un seul disque. Sur lequel se porte votre choix ?
Duquel je vais le moins me lasser? On va dire la symphonie inachevée de Schubert.
J'allais vous dire sinon un album que j'adore qui est celui d'Edgar de L'est “La berlue”. Mais c'est vrai que l'avantage de la musique classique, si on est sur une île déserte, est que c'est tellement riche qu'on peut y retrouver de grandes choses à chaque nouvelle écoute.
S.E : Merci pour tout Nicolas. Un dernier mot pour nos lecteurs?
Il faut venir nous voir! Il faut venir à la fin des concerts, discuter avec nous! La rencontre est importante. On adore discuter, rencontrer des gens, partager des idées.
Les "Sans Additifs" seront en concert le 3 septembre à Vilerade, le 17 septembre à Saint-Loubès et le 24 septembre à Cenac.
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