C'est une bande d'énergumènes qui a littéralement ouvert les festivités de la dernière date d'Arts et Vendanges à Mérignac. Un cochon sur un vélo, un éléphant poursuivi par une voiture de police le tout sur un rouleau animé par un mécanisme de machine à coudre voilà un bref aperçu du spectacle qu'il nous ont offert ! Anonima Teatro c'est l'histoire d'une compagnie, d'une façon de travailler ainsi que d'une vision particulière du théâtre de marionnettes ! Le trio a gentiment accepté de répondre à nos questions, entre deux représentations ! Attachez vos ceintures, nous allons plonger dans un monde délirant !
SE: Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?
AT: Alors je m’appelle Jacopo voici Pauline et Loïc d’Anonima Teatro. Alors Anonima Teatro, c’est une compagnie de marionnettes qui existe depuis 2002, nous fêterons d’ailleurs nos dix ans l’année prochaine. C’est une association avec à son actif quelques spectacles de marionnettes. Nous tournons dans les réseaux rues et salles. Le nom vient d’un petit jeu de mot, comme je suis Italien, l’astuce fait écho aux organisations qu’on appelle Anonima Sequestro (organisation criminelle d’anonymes experts en enlèvements de personnes et demande de rançons ndlr).
SE: Quel type de spectacle peut-on retrouver chez vous, au fond quel est le style Anonima Teatro ?
AT:Presque tous nos spectacles sont à base de marionnettes. Nous avons tourné un ciné concert à un moment donné, un spectacle de masques également. Généralement nous faisons beaucoup de théâtre visuel, d’objet, du théâtre lié à l’image. Nous utilisons très peu de texte, c’est un choix. C’est aussi une histoire de parcours je pense, personnellement à la base je viens de la musique (Jacopo), Loïc viens du conservatoire de Rouen après quoi il a préféré s’orienter vers une école de mouvement qui dit-il « lui a fait du bien d’apprendre à bouger avant de parler ».
SE: Et pour chaque spectacle, vous êtes toujours dans la même configuration, vous deux aux marionnettes et Pauline à la musique ?
AT: Non pas vraiment, c’est en fonction de chaque projet. Chaque spectacle à son histoire, son parcours et son équipe aussi. Ca change en fonction des projets.
En fait nous sommes réellement deux dans la compagnie actuellement. Loïc est là très souvent, puis il y a des gens qui interviennent sur d’autres projets. Il y a énormément de personnes qui gravitent autour de la compagnie selon les projets.

SE: Comment se passe l’écriture d’un spectacle comme La Route ?
AT: Généralement on a une idée de départ et c’est cette idée qui génère tout le reste. Pour le spectacle La Route l’idée de départ c’était le rouleau. Ensuite ça été un chemin pour y arriver. D’abord je voulais travailler avec la vidéo, j’ai tourné quelques trucs, essayé de le projeter, de mettre des marionnettes devant, mais il me manquait quelque chose sous les pieds. Alors j’ai construit cette machine pour faire raccord avec le décor de la route qui défilait derrière. Puis je me suis rendu compte que le rouleau suffisait amplement ! Alors j’ai construit une machine un peu plus grande et c’était parti !
Chaque projet a une histoire singulière. Je n’aime pas trop écrire tout en avance parce qu’après il n’y a plus de surprise. C’est intéressant de se laisser des portes ouvertes.
Justement à propos de surprise, est-ce que les spectacles évoluent ?
AT: L’écriture reste à peu près toujours la même. Pour nous un spectacle n’est jamais fini le jour de la première. Il évolue sans cesse, on trouve toujours quelques chose à rajouter. Des petits regards, des petits gestes, de l’interaction avec le public. Le spectacle se nourrit. Au départ tu es joué par le spectacle et puis, au fur et à mesure que tu le connais tu te l’approprie et c’est toi qui peux jouer de lui. On n’est pas les seuls à dire ca. Il y a plein de compagnies qui disent que le spectacle il est là à partir de la 80 ème représentation. Il faut du temps, il faut qu’il évolue. Généralement c’est quand il arrête de bouger qu’on a plus envie de le faire.

SE: En termes de préparation justement, il vous faut combien de temps pour monter un spectacle comme celui-ci?
AT: En termes de répétition pour La Route je dirai trois semaines. On avait trouvé tous les accessoires, les voitures mais il nous manquait les personnages principaux. C’est le temps de trouver les animaux. Et on les a cherché ces animaux ! On a fait plusieurs essais, des castings ; le renard, le cheval ont été recalés d’ailleurs. On a commencé à travailler en novembre, on a fait une session de répétitions, puis on a cherché des choses avec des personnages.
On a construit des marionnettes, fait construire des visages, des têtes en mousse on a essayé des choses mais on n’était pas convaincus. Et puis il y a eu noël et mes enfants on eut ces marionnettes. En janvier on s’est revu et on s’est dit « tiens, ces petit cochons lions et éléphants, ils sont sympas ! ». On a essayé et c’était très bien. On a gardé les jouets des enfants mais on leur en a acheté d’autres pour qu’ils en aient quand même (rires) ! Voilà pour la petite histoire de La Route.
SE: La suite pour vous c’est quoi ?
AT: Il nous reste un petit mois, c’était notre dernière date en Gironde. C’était chouette ! Le projet projet est une sorte de concert spectacle. Quelque chose qui a à voir avec l’objet, le son, la manipulation d’éléments naturels comme la fumée ou l’air. L’idée c’est d’essayer de rendre visible les sons…
Vous pouvez retrouver le périple de La Route sur le blog laroutedanonima.blogspot.com et bien entendu sur le site officiel de la compagnie
Et pour ceux qui ne l'ont pas vu, le spectacle La Route sur la chaine Dailymotion de la compagnie !
La Route/ Anonima Teatro par anonimateatro
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